Chimay (abbaye Notre Dame de Scourmont)
- Histoire de l'abbaye - La fondation

Les religieux arrivèrent le 22 juillet 1850. Il serait impossible de raconter en détail toutes les privations, les fatigues et les labeurs qui furent leur partage pendant les premières années. La ferme qui leur servait d'habitation, construite pour de pauvres métayers, ne convenait aucunement à la vie régulière d'une communauté. Le terrain n'était que fondrières et marécages. Enfin, les conditions climatiques étaient détestables : la gelée se faisait sentir jusqu'au mois de juillet ; même pendant l'été, un brouillard malsain planait sur cette région jusque vers 10 et 11 heures du matin. 

Dès les premiers jours, les moines durent donc mener de front le défrichement et les constructions : leur courage provoqua l'admiration des habitants, témoins journaliers de la ténacité de leurs efforts. Grâce à leur travail, à leur esprit de pauvreté et au produit des quêtes auxquelles ils durent se résoudre, dès 1863, les religieux avaient terminé la construction de tous les lieux réguliers et leur monastère s'élevait imposant et majestueux au milieu d'une campagne que leurs sueurs avaient fertilisée. 

Alors, l'Eglise, par l'organe de son Pontife suprême, mit après Dieu, son sceau sur l'ouvre déjà Si féconde et si pleine de promesses. Le 14 septembre 1871, le prieuré de N.-D. de Scourmont était érigé en Abbaye et le 21 novembre suivant, le R. P. Dom Hyacinthe Bouteca, l'un des plus vaillants ouvriers de la première heure, recevait la bénédiction abbatiale dans l'église conventuelle, son ouvre de prédilection. 

Durant la guerre et l'occupation Allemande, N.-D. de Scourmont eut beaucoup à souffrir. Le 28 mai 1940, eut lieu une première évacuation de toute la population des cantons de Couvin et de Chimay. A leur retour, le 3 juillet, les moines constatèrent le pillage de leur monastère. A nouveau expulsée le 12 avril 1942 la communauté se réfugia à Momignies, au Pensionnat des Frères des Ecoles Chrétiennes. Le 1er septembre 1944, après la libération, elle put réintégrer son abbaye qui avait subi beaucoup de dégâts à l'intérieur. Les terres abandonnées, le cheptel réduit, le matériel disparu ne découragèrent pas les moines qui se mirent à l'ouvre comme aux premiers jours de la fondation et rétablirent l'abbaye telle que nous la connaissons aujourd'hui.

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