Autres bières dites "trappistes" #2

- La confusion des genres : une histoire déjà ancienne -

L'utilisation abusive de l'appellation trappiste ne date pas d'hier. Ainsi, le document présenté ci contre nous démontre que la renommée des bières trappistes rayonnait bien au delà des frontières belges. Nous n'étions alors qu'en 1912... Ce n'était que le début d'une période de plus de 50 années pendant lesquelles la confusion fut entretenue...

C'est surtout pendant les années d'après guerre et jusqu'au début des années 60 que certains brasseurs, particulièrement en Belgique, utilisèrent couramment la dénomination "trappiste" ou des dénominations dérivées afin de promouvoir leurs bières. 

Les moines, de leur côté, ne restèrent pas sans chercher à protéger leurs produits. Ainsi, en 1932, l'ASBL Abbaye de Westmalle dépose t'elle le mot "Trappistenbier". En 1935, un différend surgit entre la communauté religieuse et un brasseur de la région anversoise qui vendait de la bière dite "trappiste". Les pères trappistes intenteront une action contre ce brasseur, pour concurrence déloyale et réclamèrent 250.000 BEF de dommages et intérêts. Le tribunal de commerce d'Anvers, qui eut à connaître l'affaire, estima :

puce que le nom de "trappiste" n'est pas une marque spéciale, mais s'applique à plusieurs bières, fabriquées dans différents couvents de trappistes
puce que les moines trappistes ne sont pas des commerçants et ne peuvent, de ce fait, arguer de concurrence déloyale à l'égard d'un véritable commerçant.

C'est une des raisons pour lesquelles des brasseries non monastiques ont pu, jusqu'en 1962, utiliser le mot "trappiste" pour désigner leur bière. 

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