Bières monastiques

Les bières monastiques : dans la lignée des trappistes .

Les bières monastiques, que nous avons déjà évoquées dans le chapitre "Les moines et la bière", sont généralement définies comme les bières se référant aux moines ou aux symboles religieux. Lorsqu'elles évoquent le nom d'une abbaye, elles sont alors appelées "bières d'abbayes".

Les bières monastiques actuelles sont apparues en majorité durant le premier quart du XXème siècle. C'est ainsi que, dès 1913, Rémy Poucke, brasseur à St-Gilles-lez-Bruxelles, déposait la "Bière du Capucin". A noter que les bières authentiques de moines ou de moniales existent depuis bien plus longtemps et il en subsiste heureusement encore quelques unes (par exemple, Mallersdorf, Andechs, toujours existants, en Allemagne), mais leur nombre est aujourd'hui assez restreint. La plupart d'entre elles n'ont quasiment plus aucun rapport avec les moines.

Toutefois, ces bières utilisent la haute réputation séculaire des véritables bières de moines, pour promouvoir une image de tradition et de qualité.

Les bières monastiques ont connu un essor important en Allemagne et en Belgique, mais plus modéré dans les autres pays. Toutefois, on en trouve quelques exemples en France ou aux Etats-Unis d'Amérique, durant le premier tiers du XXème siècle. Quelques autres exemples émaillent l'histoire des brasseries de divers pays européens, spécialement en europe de l'Est.

Leurs dénominations sont sans ambigüité : Pater, Monniker, Abt, Vader etc...en Belgique; Benediktiner, Kapuziener, Augustiner, Kloster etc... en Allemagne ; celles ci évoquent les moines ou les monastères et les représentent, afin de faciliter l'association d'idées. Les moines y sont souvent représentés comme des personnages joviaux, enrobés voire ventrus. Ceux ci sont sensés évoquer des valeurs de tradition, de savoir-faire. Les brasseurs, en rendant hommage au travail autrefois effectué par les moines, tentent de suggérer, par la même occasion, le fait que leur bière est le véhicule de ces valeurs séculaires.

Bien souvent, ces bières monastiques ont connu un grand succès, parfois même supérieur aux véritables bières de moines, trappistes ou non. Le fait qu'elles ne soient généralement pas brassées par les moines ne présage pas de la qualité de leur brassage. Certaines sont effectivement des bières de haute volée.