Orval (abbaye Notre Dame d'Orval)

- Orval - terre de tourmentes

Le noble comte était heureux de voir se réaliser les voux ardents de ses pères ; souvent il vint avec les siens se mêler aux travailleurs pour encourager leurs efforts et subvenir à leurs besoins. De leur côté, les moines étaient heureux dans leur retraite, rêvant à de longs jours de calme et de paix silencieuse.

Hélas ! Les malheureux exilés n'avaient fui un théâtre de luttes que pour en trouver un autre : l'histoire d'Orval dira aux amateurs de détails combien de fois, depuis 1070 jusqu'en 1944, le fracas des guerres troubla le silence du vallon. Plaignons le sort de ceux qui touchent trop de frontières. Or, tout près d'Orval, confinèrent tour à tour l'ancien Comté de Luxembourg, le Marquisat d'Arlon, les Duchés de Lorraine et de Bar, la Principauté de Sedan, le Duché de Bouillon et le Royaume de France, sans oublier l'Allemagne toute proche. Et ces voisins souvent rivaux, ne craignirent pas de semer autour de l'Abbaye l'épouvante et le deuil, quand ils n'y portèrent pas le fer et le feu.

Une tradition fraîche comme une légende et ininterrompue à travers les siècles se rapporte à l'époque de la fondation et vient confirmer l'étymologie topographique d'Orval. La Comtesse Mathilde, sour de la Bienheureuse Ida qui donna le jour à Godefroy de Bouillon, futur roi de Jérusalem, se rendit un jour au nouveau Monastère, et l'on raconte que, s'étant assise auprès d'une source limpide pour s'y reposer un peu, elle plongea la main dans l'eau et y laissa tomber son anneau nuptial. Désolée, elle adressa une fervente prière à Notre-Dame : aussitôt, la bague reparut à la surface de l'eau, dans la bouche d'une truite : et toute joyeuse, la comtesse de s'écrier "Vraiment, c'est ici un val d'or..."

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