Orval (abbaye Notre Dame d'Orval)

- Orval - terre de tourmentes  (2/2)

Rappelés par l'obéissance, les Bénédictins reprirent en 1108 le chemin de l'Italie, laissant au Comté de Chiny le souvenir de leur austérité et de leur dévouement. Ils furent remplacés en 1110 par des Chanoines réguliers venus de Trêves ; ceux-ci, après vingt ans passés à Orval, disparurent à leur tour. On était en 1130 à cette époque, Saint Bernard remplissait déjà l'Eglise du bruit de ses miracles et de sa sainteté. En 1132, l'évêque de Verdun, Aibéron, oncle du Comte de Chiny, le rencontrant au Concile de Reims, lui fit part des désirs de son pieux neveu, désolé de voir abandonnée sa fondation d'Orval.

Un peu dépourvu de sujets, car il venait de faire sept fondations successives, l'Abbé de Clairvaux a recours à l'aînée de ses maisons filles : Trois-Fontaines (fondée en 1118, au diocèse de Châlons), et bientôt une colonie de moines blancs est désignée pour Orval. Arrivés le 9 mars, sous la conduite du Bienheureux Constantin, leur Abbé, nos courageux moines se mirent résolument à l'ouvre. La situation qu'ils trouvaient, était loin d'être brillante et pendant la majorité de leur existence, ils connurent les saintes rigueurs de l'indigence.

La communauté ne tarda pas, néanmoins, à entrer dans une ère de grande prospérité. Malgré les désastres qu'elle eut à subir au cours des guerres qui désolèrent le Luxembourg au XVIème et au XVIIème siècles, elle était arrivée vers le milieu du XVIIIème siècle, à l'époque la plus florissante de son histoire au point de vue temporel. Les moines d'Orval voulurent alors se construire un beau Monastère, si beau qu'il s'écartait complètement non seulement du plan traditionnel des Monastères de l'Ordre, mais aussi de l'esprit cistercien tout de simplicité et de pauvreté.

Un célèbre architecte conçut et commença à édifier une Abbaye vraiment grandiose. En réalité, " Orval faisait sa toilette de mort ", quand survint la Révolution. En 1793, les soixante moines qui occupaient Orval durent s'enfuir devant les troupes du Général Loyson. Orval, un des joyaux de l'architecture de Belgique, centre de l'art décoratif où professait le fameux Frère Gilson (un convers, peintre de talent et d'une fécondité extraordinaire), Orval d'où sortirent les merveilleuses taques, orgueil des forges de l'Abbaye, fut détruite de fond en comble par les hordes révolutionnaires. Les boulets de l'artillerie et l'incendie déchiquetèrent les cloîtres et les deux sanctuaires de Notre-Dame et de Saint-Bernard quant aux objets précieux : meubles, vitraux, manuscrits, livres, joyaux, les pillards se chargèrent de les "déménager ".

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