Orval (abbaye Notre Dame d'Orval)

- Orval - Phoenix

C'était la ruine complète d'une Abbaye dont le spirituel avait suivi les fluctuations du temporel et qu'en 1749 un visiteur délégué par l'Abbé de Clairvaux, qualifiait d'Abbaye " toujours des plus régulières, des plus charitables, des mieux gouvernées, des plus solitaires, des plus dévotes, des plus propres et des plus saintes ".

Les ruines de l'abbaye furent laissées à elles mêmes durant près d'un siècle et demi, la communauté ayant été abritée dans d'autres prieurés.

La vallée d'Orval, sans les Cisterciens, c'était un peu comme la Grande Chartreuse sans les Chartreux. L'élite chrétienne et intellectuelle de la Belgique en souffrait, aussi fut-ce avec une très vive satisfaction qu'en 1926 on apprit que l'Antique Abbaye aux ruines si imposantes dans leur site enchanteur et inoubliable avait été offerte à l'ordre de Cîteaux.

Le R. P. Abbé de la Grande Trappe avait reçu toutes les autorisations nécessaires pour prendre possession d'Orval et y faire refleurir la vie monastique. En 1927, le R. P. Abbé de la Grande Trappe ayant cédé tous ses droits sur Orval à la Communauté de Sept Fons, Dom Jean-Baptiste Chautard fit revenir une bonne partie de ses religieux de son annexe du Brésil (N.-D. de Maristella) et ceux-ci entreprirent de relever l'abbaye.

Ils y furent aidés, faut-il le dire, par tout ce que la Belgique compte d'âmes religieuses et amies des arts : un Comité s'était constitué à cet effet, sous le haut patronage du Roi et de la Reine des Belges. Par suite d'une convention avec le Gouvernement, on ne toucha pas aux ruines médiévales que la Commission Royale des Monuments et des Sites a prises sous son contrôle : les bâtiments de la nouvelle Abbaye s'élèvent sur les fondations mêmes du XVIIIème siècle, qui sont encore dans un remarquable état de conservation. Conçues en style roman, ces constructions forment un ensemble harmonieux, digne d'inspirer l'artiste et le chrétien. Orval est ressuscité Un splendide monastère, le plus beau de tous, est construit.

Mais les bâtiments, si beaux soient-ils, ne seront jamais que le corps d'une abbaye : aussi était-ce la tâche des hommes de le ressusciter. Tandis qu'ils s'y employaient, il semblait que le Bon Dieu, lui-même, mettait tous ses soins à ressusciter l'âme d'Orval, à lui refaire une âme qui serait à son image et à sa ressemblance, et cette ouvre, qui était proprement la sienne, il la réalisa avec force et suavité en envoyant, à Orval, des âmes éprises de l'idéal cistercien, et l'on peut augurer déjà, que revenant après plus de deux siècles, le visiteur de la fin du XVIIIème siècle pourrait redire encore de Notre-Dame d'Orval : "abbaye des plus régulières et des plus saintes".

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