Rochefort (abbaye Notre Dame de St Rémy)

- Histoire de l'abbaye - La Brasserie (1/2)

On brasse depuis très longtemps à l'abbaye de Rochefort. Les documents les plus anciens mentionnant la fabrication de la bière parmi les activités manuelles des moines datent de 1595. A cette époque la brasserie n'était qu'une annexe de l'importante ferme exploitée par la communauté. Outre l'orge, celle ci cultivait également le houblon. La révolution française chasse les frères, la brasserie ne leur survit pas.

De retour en 1887, les moines attendent 1899 et la fin de la période de reconstruction pour réinstaller une petite brasserie qui fonctionne depuis cette date sans interruption : ni les deux guerres mondiales, ni la transformation totale de la salle de brassage n'ont plus jamais interrompu la fabrication des trappistes de Rochefort.

La brasserie est mise en route par le frère Zozime Jansen, autrefois brasseur à Oosterhout aux Pays-bas. Les conditions de démarrage sont très modestes : quelques bouteilles achetées d'occasion sont lavées à la buanderie, on bouchonne à l'aide d'un maillet en bois et on transporte le tout chez le père économe qui répartit selon les besoins de la communauté. Après quelques temps, on fait l'acqusition d'une laveuse de bouteilles et d'un appareil de soutirage à quatre becs, qui permet d'augmenter la productivité et de vider un fût de 600 litres en....1 heure et demie.

Durant la première guerre mondiale, le frère Paulin Cattoir prend les commandes de la brasserie après être allé s'initier chez le brasseur Pirlot du proche village de Lessive. Ecarté un temps de la brasserie, du fait d'erreurs de fabrication, celui ci est remplacé par son frère cadet. A la mort de ce dernier en 1941, Frère Paulin reprend du service. Mais les conditions de brassage sont difficiles, du fait des nombreuses restrictions et la bière ne titre alors que 0,8°. Seule une spécialité de 5° est autorisée à titre exceptionnel et dénommée "bière des malades". A la libération est produite une cuvée "liberator" à 2°. A cette époque la bière à 5° se vend bien, mais cela ne suffit pas à faire décoller la production, l'abbaye se restreignant volontairement et mettant ailleurs ses priorités.

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