Les moines et la bière (2/3)

- Révolutions, évolutions... -

Mais dès le 15ème siècle, beaucoup d'abbayes, en concurrence avec les brasseries artisanales, abandonnent leur brasserie. Au 16e siècle, il ne reste guère que la brasserie de l'abbaye de Saint Laurent à Dieulouard en Moselle qui soit encore connue largement en France. Elle disparaît à la Révolution Française. D'autres brasseries d'abbaye subsistent, mais à une échelle très réduite.

Plusieurs évènements finirent par progressivement avoir raison des brasseries d'abbayes : la révolution française surtout, que nous évoquions précédemment, et pendant laquelle des centaines d'abbayes furent détruites, tant en France que sur l'actuel territoire belge. Quelques dizaines d'années plus tard, la révolution industrielle permit aux brasseurs laïcs d'effectuer des avancées fantastiques en terme de qualité, d'innovation et de réduction des coûts et d'effectuer des concentrations industrielles importantes, dès la première moitié du XXème siècle.

Ce mouvement fut accompagné d'une formidable explosion de la consommation. Les brasseries monacales ne pouvaient plus, dans ces conditions, concurrencer les brasseries laïques.  A quelques exceptions près, celles ci ne produisirent bientôt plus que pour leurs besoins propres, dans des conditions de rentabilité de plus en plus difficiles à tenir. Par ailleurs, la concurrence devenait de plus en plus rude avec les brasseries commerciales qui n'hésitaient pas à utiliser des termes à connotation religieuse pour dénommer leurs bières : les bières d'abbayes et bières monastiques prirent leur essor en Belgique, vers 1930, pour connaître un succès grandissant jusqu'à nos jours.

La première puis la deuxième guerre mondiale, et les bombardements qui les accompagnèrent, eurent encore raison de quelques unes des rares authentiques brasseries d'abbaye qui subsistaient, notamment en France.

L'Allemagne, et pour cause, fut plutôt épargnée par ces événements. Une longue tradition de petites brasseries artisanales y perdure. Les vicissitudes de la guerre y furent différentes et leurs impacts sur les brasseries bien moindres. Plusieurs abbayes continuent d'y brasser de la bière.

A travers l'Europe , quelques abbayes, trappistes notamment, continuèrent les activités de brassage avec un succès grandissant, dans le contexte du formidable bond en avant économique d'après guerre.

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